RENCONTRE AVEC NADA BARGACHI, FONDATRICE DU DRESSING VIRTUEL VERA
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Rencontre avec Nada Bargachi, fondatrice du dressing virtuel Vera

Lancée en 2019, par deux entrepreneuses qui souhaitent créer une mode plus durable, l’application Vera a été victime de son succès. Elle compte aujourd’hui plus de 1050 utilisateurs et de nombreuses personnes sur liste d’attente. Nada Bargachi nous explique les prémices de Vera.

 

EN QUOI CONSISTE L’APPLICATION MOBILE VERA ?

Vera c’est un dressing virtuel intelligent qui permet d’optimiser le contenu de sa garde-robe grâce à des recommandations de tenues au quotidien. Nos utilisateurs doivent prendre en photo le contenu de leur garde-robe. Il y a jusqu’à 18 attributs de reconnaissance d’image pour qualifier le vêtement : un pull noir, un tee-shirt rose à manches longues… Une fois que le dressing virtuel est constitué, l’application Vera vous donne 3 idées de tenues par jour, en fonction de votre dressing et de la météo.

 

EST-CE QUE VOUS AVEZ TRAVAILLÉ DANS L’INDUSTRIE DE LA MODE AVANT D’IMAGINER L’APPLICATION VERA ?

J’ai commencé à travailler dans l’industrie textile par hasard, je suis tombée dans ce milieu, un peu malgré moi. Au fur et à mesure de mon évolution dans cette industrie, je me suis rendu compte qu’il y avait un vrai problème. Nous utilisons seulement 30% des vêtements que nous avons dans nos placards alors que l’industrie textile ces 15 dernières années a plus que doublé sa production. Il y a un problème d’équilibre plus que criant.

 

QU’EST-CE QUI VOUS A AMENÉ À CRÉER LE CONCEPT VERA ?

L’idée était de trouver une solution, afin que les 70% des vêtements dormants dans nos placards soient utilisés et de répondre au “je n’ai rien à me mettre”. Pour avoir ensemble un impact responsable sur l’industrie textile : la deuxième industrie la plus polluante au monde.

L’autre élément déclencheur a été le film “ClueLess” réalisée par Amy Heckerling. Dans la première scène, l’actrice principale choisit sa tenue grâce à un ordinateur tactile. À ce moment-là je me suis dit que c’était le rêve ultime. La réponse à une problématique que nous rencontrons tous les matins : trouver sa tenue. Je me suis mise à chercher des applications mobiles, des solutions de dressing pour avoir des idées de tenues, en fonction de la météo et des pièces que l’on a déjà. Je n’ai rien trouvé, rien qui me correspondait. Donc j’ai décidé de l’inventer.

 

EST-CE QUE DES STYLISTES ONT PARTICIPÉ À LA CRÉATION DE L’APPLICATION ?

Au début nous avons travaillé avec des stylites de l’Institut Française de la Mode, afin d’encapsuler toutes les combinaisons stylistiques possibles. Par exemple, ne pas associer les pois et les carreaux. Mais aussi les informations de l’habillement pur, c’est-à-dire qu’à partir de 0°C nous proposons une doudoune et au contraire à partir de 23°C nous pouvons suggérer des chaussures ouvertes. C’est l’intelligence artificielle.

 

QUELLES SONT LES VALEURS DE VERA ?

Nous avons 4 piliers : le premier est l’aspect mode de l’application, ensuite la nouvelle technologie utilisée par Vera, puis le côté responsable car Vera exploite tous les vêtements du dressing en réduisant l’impact responsable sur l’industrie textile. Enfin l’application souligne la singularité de chaque personne, car Vera a une approche personnalisée.

 

QU’APPORTE VERA À L’UTILISATEUR ?

Je pense que Vera permet de trouver un véritable équilibre et d’optimiser le contenu de sa garde-robe, sans acheter de nouvelles pièces en permanence. De plus, nous remarquons que Vera a un réel impact sur l’industrie textile ainsi que sur nos dépenses vestimentaires, car l’application propose quotidiennement de nouvelles idées de tenues auxquelles nous n’aurions jamais pensé.

 

ARRIVEZ-VOUS À GAGNER VOTRE VIE GRÂCE À VERA ?

Aujourd’hui Vera est une application mobile gratuite, je me suis énormément battue pour cela. L’idée pour nous n’est pas la rentabilité, mais plutôt d’avoir un maximum d’utilisateurs pour avoir un impact responsable. Ces questions de rentabilité sont secondaires pour nous.

 

QUEL REGARD PORTEZ-VOUS SUR L’ENTREPRENARIAT FÉMININ ?

C’est un vrai challenge même en 2022, d’être une femme entrepreneuse dans les nouvelles technologies. J’ai choisi le nom Vera en référence à Vera Molnar, une artiste hongroise qui a été l’une des premières femmes dans les années 1950, à utiliser l’intelligence numérique et algorithmique dans sa création d’œuvre d’art.

 

COMMENT IMAGINEZ-VOUS VERA DANS 5 ANS ?

D’ici 5 ans, j’espère que l’application sera présente dans plusieurs pays européens, avec un maximum d’utilisateurs afin de contrer l’industrie textile trop polluante.

 

Application mobile Vera

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