La vision de la mode masculine en 2023 par Maxime Dam
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La vision de la mode masculine en 2023, par Maxime Dam

L’industrie de la mode et de l’habillement masculin, un aspect trop peu abordé dans le milieu. Pourtant ces ventes sont en hausse de 29,8% sur le premier semestre 2022 par rapport à la même période en 2021. Maxime Dam, étudiant en commerce et alternant dans une agence immobilière parisienne. Passionné de mode depuis toujours, il côtoie les milieux aisés et soigne son image à travers son style, il nous en parle. 

 

Quel rapport avez-vous avec les vêtements ?

Petit, mon rapport au vêtement était assez chaotique. Je consommais la mode assez simplement en achetant ce qu’il me passait sous la main.C’est en rentrant au lycée que j’ai commencé à porter une attention particulière à la qualité des vêtements. J’ai assez vite choisi de parier sur la qualité de mes pièces plutôt que sur la quantité. Je préférais avoir de beaux vêtements qualitatifs qui allaient m’accompagner dans le temps.
Aujourd’hui mon avis n’a pas changé, il s’est même renforcé. J’accorde une importance particulière aux vêtements que j’achète notamment à leurs qualités. Je privilégie des maisons qui ont un savoir-faire. Ce sont donc généralement des vêtements assez onéreux. Ce n’est pourtant pas un frein pour moi, même étudiant, car j’achète peu mais bien. À mes yeux, les vêtements reflètent qui nous sommes et l’image que nous souhaitons renvoyer.

 

D’après vous, quelle place prend le vêtement dans la société ?

Selon moi, le vêtement est un facteur social dans notre société. C’est le premier élément de jugement et d’analyse d’une majorité de personnes. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a certains types de vêtements associés à certaines catégories sociales, que ce soit à tort ou à raison.

 

L’apparence vestimentaire permet-elle de se fondre plus facilement dans certains milieux ?

J’ai un avis assez tranché sur cette question. Je pense que le vêtement permet d’appartenir à un milieu social. Le vêtement c’est quelque chose qu’on choisit. Ce qu’on va porter c’est choisir ce que l’on veut représenter mais aussi la manière dont on souhaite être perçu. Donc oui, le vêtement permet de nous intégrer à certains milieux. Prenons l’exemple du jogging, il ne se portera pas dans un dîner mondain. En effet, cette catégorie sociale utilise le jogging à son utilité première, faire du sport.
A contrario, dans les milieux plus précaires on rejette généralement les codes vestimentaires les plus soutenus. En fait, certains types de vêtements sont associés à des classes sociales. Adopter ces critères permet de mieux se fondre dans les groupes auxquels on souhaite appartenir.

 

Et vous, quels sont vos critères quand vous achetez un vêtement ?

Ma priorité c’est la qualité du vêtement afin que mon achat soit le plus utile. J’apporte une importance particulière à avoir des vêtements classe et élégant, car c’est l’image que je souhaite renvoyer. Je n’achète pas dans les enseignes de fast fashion : pour les méthodes de fabrication, la qualité des tissus, l’ultra-disponibilité des pièces. Toutes ces raisons font que cela ne me correspond pas, sans compter que cela ne correspond pas non plus à mes convictions.

 

Apportez-vous de l’importance à la qualité et au savoir-faire ?

Étant passionnée par la culture française, j’apporte une grande importance au savoir-faire.
Nous avons une histoire toute particulière avec la mode et le textile, elle est incroyable et unique au monde. La qualité et le savoir-faire français sont indéniables. Ne pas y accorder de l’importance c’est vraiment dommage. C’est pour cela que je n’hésite pas à investir dans ces pièces, qui sont à mes yeux valorisantes pour moi et pour la culture française.

 

Pensez-vous que la mode masculine soit suffisamment mise en avant ?

Depuis quelques années, il y a un regain d’attractivité pour la mode masculine. Notamment grâce à de grandes figures masculines de ce milieu, tels que Olivier Rousteing ou Virgil Abloh. C’est aussi à travers les nouvelles générations qui n’hésitent pas à parler de mode masculine sans aucun tabou, sur tiktok notamment. Les hommes se détachent petit à petit des dictâtes de la société, pour parler d’un sujet dit féminin et aborder le sujet de la mode masculine dont on ne parle que trop peu.
Se pose également un problème d’amplitude dans les collections, les femmes ont bien souvent plus de choix pour se vêtir, tout particulièrement dans la fast fashion. C’est pour cela que d’après moi il faut privilégier les enseignes qui soignent leur collection à travers le savoir-faire. La maison Ralph Lauren, propose par exemple de très belles capsules masculines.

 

Pour vous, quel est l’avenir de la mode masculine et plus généralement de l’industrie textile ?

Je ne m’en fais pas pour l’industrie textile pour l’avenir, au vu de la société de surconsommation dans laquelle nous vivons.
Concernant l’avenir de la mode masculine, j’ai remarqué que les travers de ce milieu sont de plus en plus dénoncés. Ce qui divise les consommateurs entre ceux qui veulent avoir beaucoup et ceux qui veulent avoir moins, mais de marque, dès le plus jeune âge.
Quant à l’industrie textile, elle change même si ce n’est pas assez rapide. On commence seulement à fermer certaines usines qui ne respectent pas le droit humain, au Cambodge, en Inde, au Bangladesh, au Vietnam ou au Sri Lanka. Je ne pense pas qu’on puisse continuer comme ça aujourd’hui. À un moment donné, il faut choisir entre acheter des vêtements produits dans des quantités astronomiques sans raison, au péril des gens qui les fabriquent et de la planète. Ou bien, accepter de consommer moins mais mieux. C’est un choix, le deuxième est le mien. C’est celui pour le bien des Hommes et pour le bien de la planète. Je pense qu’il faut plus communiquer à ce sujet et c’est aux générations futures de décider.

 

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